Filière bois-énergie

L'historique du projet

L'ancienne communauté de communes du Pays de Saint-Seine (CCPSS) était composée de 20 communes rurales. Son territoire était recouvert à 52 % de forêts dont une majorité de forêts publiques, notamment 40 % de forêts communales

Les forêts sont constituées principalement de taillis sous futaie. Ces forêts accusent un retard de près de 40 ans dans leur exploitation auquel s’ajoute la diminution du nombre d’affouagistes et un contexte de vente de bois très difficile (notamment le hêtre).

Disposant des compétences :

  • Compétences obligatoires

               Aménagement de l’espace

              - Mise en oeuvre des actions du Pays Seine et Tilles en Bourgogne (dont la mise en oeuvre des actions de la Charte Forestière)

  •  Compétences optionnelles

              Protection et mise en valeur de l’environnement

              Chaufferies bois :

               - Étude d’implantation de chaufferies bois sur le territoire communautaire

               - Construction de chaufferies bois

               - Gestion des chaufferies bois et des plateformes de stockage

Le Pays de Saint Seine a eu le souhait de s’inscrire dans le développement local durable. La volonté de s’affranchir des pays exportateurs de pétroles, celle de faire travailler des entreprises locales et de diminuer son impact écologique, a guidé les élus de la communauté vers le bois-énergie.

Afin de valoriser le massif forestier, la Communauté de Communes du Pays de Saint Seine s’est dotée en 2006 d’une charte forestière de territoire (CFT).Cette Charte signée pour la période 2006/2010 a retenu 4 axes de travail

- bois-énergie
- forêt et cynégétique (chasse)
- forêt et écotourisme
- sylviculture (gestion des forêts)

Le projet des chaufferies à bois déchiqueté rentre dans l’axe bois-énergie de la Charte Forestière.

Le contenu du projet

L’idée de départ de la Communauté de Communes était de fournir aux communes intéressées de l’énergie propre pour chauffer leurs bâtiments publics dans le cadre d’une filière qui serait autonome et complètement maîtrisée au niveau du territoire de la Communauté.
Parmi les différentes techniques possibles (bois déchiqueté, granulés, sciure etc.…) la technique du bois déchiqueté s’est imposée car, d’une part, plus rentable pour un chauffage collectif et d’autre part plus facile à maîtriser du point de vue de l’autonomie énergétique.


Cette filière maîtrisée comprend :

  • l’exploitation du bois de notre massif forestier
  • la création des plaquettes de bois déchiqueté sur place
  • la création d’une plateforme de stockage et de séchage
  • la livraison du bois sur les lieux d’implantation des chaufferies
Cette démarche a été proposée aux 20 communes. Cinq (Saint Seine, Vaux-Saules, Bligny, Fresnois et Francheville) ont donné leur accord pour une étude de faisabilité qui a été réalisée par un cabinet extérieur.
L’objet de cette étude était de réaliser d’abord un diagnostic au niveau de chacune des 5 communes (un tel projet est-il rentable économiquement pour la commune et est-il intéressant du point de vue du développement durable ?). Cette étude a permis de :
  • Déterminer la faisabilité technique de la mise en place d'une chaufferie bois avec réseau de chaleur pour l'alimentation des bâtiments considérés
  • D'estimer les besoins de l'installation en combustible
  • d'estimer l'ensemble des coûts inhérents à cette installation
Coût d’une étude de faisabilité
Coût de l'étude de faisabilité
pour les chaufferies de St Seine, Vaux-Saules, Frénois, Bligny et Francheville
Coût de l'étude de faisabilité 
pour les chaufferies de Chanceaux, Turcey, Lamargelle et Panges
Taux de subvention

 

Subvention par le PREMED (Programme Régional Environnement, Maitrise de l’Energie, Déchets), subventions du Conseil Régional et de l’ADEME.

Ensuite, si le diagnostic était favorable, l’étude devait fournir une estimation du coût des travaux avec un tableau d’amortissement.

 A l’issue de l’étude chacune des 5 communes a donné son accord pour la réalisation des travaux. La Communauté de Communes, maître d’ouvrage du projet, a recruté un cabinet spécialisé pour la réalisation concrète du projet (définition d’un cahier des charges, lancement d’un appel d’offres public pour choisir un fournisseur).

 Les deux principes importants du projet, fourniture d’un service d’énergie par la communauté aux communes et maîtrise complète de la filière bois déchiqueté se sont concrétisés de la façon suivante:

  • fourniture d’un service d’énergie par la communauté aux communes : la communauté prend en charge la totalité des travaux techniques (chaufferies, création d’un réseau de distribution) et vend de la chaleur aux communes. Cette vente d’énergie aux communes prend la forme d’un abonnement (qui couvrent les charges fixes d’investissement) et d’un coût à la consommation (plaquettes).
  • la maîtrise de la filière bois : la communauté achète le bois aux communes, l’exploitation du bois (bucheronnage) est réalisée par la SAMARE (association à vocation sociale au service du cadre de vie), les plaquettes sont fabriquées par un forestier sur place et stockées 4 mois pour séchage sur une plateforme créée à Francheville et gérée par la Communauté de Communes.

Ce premier projet est subventionné à 80 % :

  • 60% par le Conseil Régional, l’Etat (l’ADEME) et l’Union Européenne (par l’intermédiaire du FEDER, Fonds Européen de Développement Régional)
  • 20% par le Conseil Général.
L’étude a montré que l’économie d’énergie engendrée au niveau des communes, par rapport à l’ancienne situation, était comprise entre 30 et 50%. Au prix actuel du pétrole nous sommes plus près de 50%.

L’avancement du projet: mise en place de la filière bois-énergie

Les trois premières chaufferies (Bligny, Fresnois et Vaux-Saules) sont opérationnelles dans le courant de l'hiver 2008/2009. Les deux autres (Saint Seine et Francheville) le sont au second semestre 2009.

Ces chaufferies (45 à 75kw pour les plus petites, 700 kw pour la plus importante à Saint Seine) servent à chauffer différents sites sur les communes concernées :

  • mairie et logements communaux
  • salles des fêtes
  • maison de retraite
  • maison d’enfants
  • école
  • pôle enfance
  • salle de sport
  • presbytère
  • bâtiments de la Communauté de Communes et de la Commune de Saint Seine (dont la médiathèque)

La nécessité d’avoir suffisamment de plaquettes à disposition pour faire fonctionner les chaufferies a incité la CCPSS à commencer la construction de la plateforme de stockage en parallèle de celles des chaufferies. Par la suite, deux autres marchés distincts ont été lancés pour la construction de la chaufferie de Chanceaux et celle du pôle scolaire de l’Ignon.

Tout comme les 5 premières chaufferies, chacun de ces projets ont été subventionnés à 80 % :

  • 60% par le Conseil Régional, l’Etat (l’ADEME) et l’Union Européenne (par l’intermédiaire du FEDER, Fonds Européen de Développement Régional)
  • 20% par le Conseil Général.

De la forêt aux plaquettes de bois

La filière bois débute par la coupe de bois dans les forêts communales du territoire.

Il a été fait le choix de n’exploiter que des forêts communales, car elles constituent une source suffisamment importante de bois. De plus, la valorisation de ces forêts est aujourd'hui insuffisante. Leur exploitation permet d’apporter un nouveau gain financier aux communes.

La mise en œuvre de la filière bois du Pays de Saint Seine a débuté en fin d’année 2008 par des chantiers tests de broyage de plaquettes dans la forêt communale de Champagny.

Le bois a été coupé et débardé dans les premières années de fonctionnement par une association de personnes handicapées ou en chômage de longue durée, l’association SAMARE. Il s’agit d’une entreprise locale ce qui a permis d’employer des personnes du territoire et de limiter les déplacements et donc l'impact écologique lié au transport. Depuis 2013, c'est l'entreprise Morant Daniel qui assure cette mission.

Les essences coupées sont principalement du chêne et du charme.

Le bois est ensuite broyé en bord de coupe et transporté par des agriculteurs locaux, employés par le prestataire retenu par la collectivité. Le diamètre du bois broyé est de l’ordre de 40 cm. Il se compose principalement de taillis. Le bois est ensuite acheminé vers la plateforme de stockage située à Francheville.

La plateforme de stockage

Construction de la plateforme

Les travaux de la plateforme de stockage ont commencé courant 2008 avec l’achat du terrain (11 ha).

Le choix du site de Francheville s’est fait naturellement en raison de sa situation géographique par rapport au massif forestier (en plein cœur du principal massif), et sa facilité d’accès pour des véhicules d’une taille importante (livraison de plaquettes).

Il s’agit d’un bâtiment ouvert d’un côté, avec structure bois permettant le stockage de 1500 tonnes de plaquettes bois. Il possède une aire de chargement sur le devant suffisamment grande pour permettre le chargement de gros camions. La plateforme possède un pont bascule (50 tonnes) pour suivre les quantités de plaquettes qui transitent par la plateforme et un local de gestion.

Broyage et séchage des plaquettes

 Le bois est broyé vert (55 % d’humidité en moyenne), puis est séché à la plateforme pendant une durée minimum de 4 mois mais plus généralement 10 mois, avant utilisation. Le taux d’humidité à atteindre pour un bon fonctionnement (risque d’encrassement) dans une chaufferie est de 25 % - 30 %. La grosse chaufferie de Saint-Seine peut néanmoins supporter du bois un peu plus humide.

Le séchage est lié à l’action de bactéries à l’intérieur du tas de plaquettes. La fermentation du bois, fait monter à des températures très élevées (70°C), ce qui fait évaporer l’humidité. Plus la température monte, plus les bactéries se développent et plus elles consomment de l’eau.

Le contenu énergétique des plaquettes forestières vertes est en moyenne de 2200 à 2800 kWh par tonne pour une humidité de 40 à 50 %, pour des plaquettes forestières fines et sèches, le contenu est 3300 à 3900 kWh par tonne pour une humidité de 20 à 30 %.

Tracteur-benne

La Communauté de Communes s’est également dotée d’un chargeur pour manipuler les plaquettes sur la plateforme et d’un tracteur-benne pour assurer la livraison des plaquettes aux chaudières. Le choix s’est porté sur du matériel d’occasion pour des questions financières. Il peut être utilisé à d’autres fins que la livraison de plaquettes, pendant les mois d’été.

Les élus ont préféré équiper la communauté de communes en matériel plutôt que de recourir à des prestataires, ce choix présente un double avantage :

-      plus de souplesse pour la réalisation de l’approvisionnement des chaufferies,

-      éviter le recours aux marchés publics avec les incertitudes sur les résultats de la consultation.

Le choix s’est porté sur un tracteur-benne plutôt qu’un camion car celui-ci implique le permis poids lourd, la taxe à l’essieu et la FIMO (Formation Initiale Minimal Obligatoire). De plus, le tracteur est plus maniable qu’un camion notamment pour nos petites communes où la place pour manœuvrer est limitée.

Les chaufferies

 

Chaufferie de Saint-Seine-l’Abbaye

Chaudière de 640 kW couplée à une chaudière fioul

7 Bâtiments chauffés : - le bâtiment de la communauté  de    communes

- le bâtiment de la mairie, trésorerie, médiathèque

- la maison d’enfant

- l’école

- le presbytère

- la maison de retraite

Surface totale à chauffer : 7000 m²

   

Chaufferie de Vaux-Saules

Chaudière de 70kW

2 bâtiments chauffés :

    - le bâtiment de la mairie et des logements

    - la salle polyvalente

Surface totale à chauffer : 520 m²

  Chaufferie de Frénois

Chaudière de 100kW

3 bâtiments chauffés :

- le bâtiment de la mairie et des logements

- la salle des fêtes

- les logements communaux

Surface totale à chauffer : 670 m²

 
 

Chaufferie de Francheville

Chaudière de 100kW couplée à une chaudière fioul

3 bâtiments chauffés :

- le bâtiment de la mairie et des logements

- l’école

- « la Clairière » = restaurant + cantine + dortoir

Surface totale à chauffer : 960 m²

 Chaufferie de Bligny-le-Sec

Chaudière de 100kW couplé à une chaudière fioul

3 bâtiments chauffés :

- le bâtiment de la mairie et des logements

- le pôle enfance

Surface totale à chauffer : 1100 m² + château

 
   Chaufferie de Chanceaux

Chaufferie de 55 kW

2 bâtiments chauffés : - le bâtiment de la mairie avec des logements communaux et la mairie

 

Chaufferie du Pôle scolaire de l’Ignon

Chaufferie de 70 kW

L’ensemble du bâtiment scolaire est chauffé. Le pôle scolaire a été construit directement avec une chaufferie bois

 
   

Chaufferie de Lamrgelle (au centre du village)

Chaufferie de 100 kW

2 bâtiments chauffés : la mairie et la poste (logements communaux)

Surface totale à chauffer : 780 m²

 

Chaufferie de Savigny-le-Sec

Chaufferie de 100 kW couplée avec une chaudière gaz

6 bâtiments chauffés :

- mairie

- logements

- école + périscolaire

- restaurant + 1 logement

- espace culturel

Surface totale à chauffer : 1320 m²

 

 

 

Fonctionnement de la filière

Les chaufferies appartiennent à la communauté de communes. Elles sont construites sur des terrains mis à disposition par les communes. La communauté de communes vend la chaleur à ces communes.

Le coût se décompose en deux parties :

- une part fixe qui correspond au montant de l’investissement de la chaufferie et à l’entretien

- une part variable qui correspond au coût du combustible (tonnes de plaquettes+litre de fioul le cas échéant). Les plaquettes sont vendues 105 €/tonnes aux communes. Ce montant est fixé en fonction des marchés passés par la communauté de communes avec les prestataires (vente de bois, coupe et broyage du bois).

En 2011, cette charte forestière s'est étendue sur l'ensemble du Pays Seine-et-Tilles en Bourgogne.

La Communauté de Communes du Pays de Saint Seine (CCPSS) a fusionné au 1er janvier 2014 avec la Communauté de Communes Forêts, Lavières et Suzon formant la Communauté de Communes Forêts, Seine et Suzon. 

La filière Bois-Energie est reprise par la nouvelle communauté de communes Forêts, Seine et Suzon. Cette filière permet de valoriser les bois communaux exploitables en grande quantité, d’employer des entreprises locales et de limiter son impact écologique.

La filière est entièrement gérée par la communauté de communes, ce qui permet de rémunérer à des prix intéressants les communes pour leur bois et de vendre la chaleur à des prix largement inférieurs aux prix du fioul (0.08€/kwh) et de maîtriser les coûts de la filière.

Deux projets, suivis par l’animatrice Charte Forestière de Territoire du Pays Seine-et-Tilles, sont actuellement en cours:

-          Projet de chaufferie à Lamargelle

-          Projet de chaufferie à Savigny-le-Sec

 

Pour plus de d'informations sur la filière bois-énergie, nous vous invitons à vous rendre sur le site de la Charte Forestière de Territoire du Pays Seine-et-Tilles en Bourgogne





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